RCA: de violents combats près de Paoua

By on January 11, 2018
RCA. Rébelles

Les affrontements entre groupes armés dans le nord-ouest de la République Centrafricaine (RCA) sont extrêmementviolents et récurrents. Les populations en paient le prix fort.
Depuis la fin du mois de décembre dernier, les abords de la ville de Paoua, située non loin de la frontière avec le Tchad, sont le théâtre d’affrontements entre groupes armés pour le contrôle de la zone.

Selon l’Ocha (Bureau de la coordination des affaires humanitaires), un département du Secrétariat des Nations unies, 5.000 personnes sont arrivées au Tchad, fuyant les combats entre bandes rivales. Le même département avance aussi le chiffre de 58.000 déplacés ayant débarqué à Paoua.

Martin Ziguélé, député et ex-Premier ministre, natif de Paoua, lance un cri désespéré en direction de la Minusca (la mission de l’ONU en RCA) afin qu’elle intervienne dans sa ville. Pour rappel, la Minusca était intervenue en octobre dernier à Bocaranga, frappée par de violents affrontements.

L’ancien Premier ministre s’insurge face à ce qu’il qualifie de manque d’action de la part de la mission onusienne. Il poursuit, affirmant que « vendredi dernier, il y a eu une mission conjointe de la Minusca et du ministre de la Défense et de la sécurité à Paoua, mais il n’en demeure pas moins qu’il n’y a pas d’action sur le terrain. Donc les groupes armés, monsieur Bahar qui fait venir des renforts de partout, assassinent. »

En effet, ces tristement célèbres groupes armés s’adonnent à diverses sortes des crimes sur le terrain. La guerre civile qui frappe la RCA avait au départ une connotation religieuse, opposant principalement les anti-balaka aux ex-Seleka.

Le MNLC du seigneur de guerre Ahmat Bahar et le RJ (Révolution Justice) se mesurent à coups d’armes automatiques et autres armes de guerre, au grand dam des populations, obligées de fuir les atrocités.

Selon le responsable de l’Agence de développement économique et sociale (une ONG présente à la frontière entre la RCA et le Tchad), Innocent Mal Ganga, la majorité des réfugiés ayant fui la RCA pour le Tchad voisin est constituée de femmes et d’enfants. « Nous avons remarqué qu’ils ont marché longtemps en brousse, donc ils sont malades. » , dit-il, ajoutant que “la population autochtone a été très accueillante”.
La situation a viré au cauchemar en Centrafrique en 2013, lorsque les anciens rebelles Seleka, un groupe armé composé de rebelles soudanais, tchadiens, et centrafricains renversaient le président François Bozié.

La chute à son tour du régime Seleka, dirigé par Michel Djotodia, a donné libre cours à une guerre aux relents religieux.

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