Afrique du sud : l’ANC a élu un nouveau président

By on December 18, 2017
Afrique du Sud. ANC

Cyril Ramaphosa a devancé de 179 voix à peine son unique rivale, l’ancienne patronne de l’Union africaine (UA) et ex-épouse de Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma.Dans un très long processus, la 54e réunion élective du Congrès national africain (ANC) a finalement donné un vainqueur. Le parti au pouvoir sera désormais dirigé par Cyril Ramaphosa.
L’attente a été longue, le suspense intenable après un processus électoral qui est allé jusqu’au recomptage des voix.
Au final, dans un huis clos électrique suivi par plus de… 3000 journalistes, le duel très serré entre le vice-président et l’ancienne présidente de la commission de l’Union africaine a tourné à l’avantage du premier.
Fort de ce succès, Ramaphosa (65 ans) pourrait devenir en 2019 le nouveau président du pays à la fin du mandat de Jacob Zuma, en cas de victoire de l’ANC aux élections générales.
Mais c’est encore trop tôt vu que l’ANC est en perte de vitesse, miné par les divisions, la corruption galopante… le parti est au bord du gouffre.
Les deux dernières conférences de l’ANC ont accouché de deux nouveaux partis formés par des militants frondeurs : Le Congrès du peuple (Cope, libéral) en 2008 et les Combattants économiques de la liberté (EFF, gauche radicale) de Julius Malema cinq ans plus tard.
L’ANC règne sans partage sur l’Afrique du Sud depuis les premières élections libres de l’histoire du pays qui ont porté Nelson Mandela à la présidence en 1994, dans l’euphorie de la chute du régime d’apartheid.
Lors du dernier scrutin national, le « parti-Etat » a réalisé son plus mauvais score national, moins de 54% des suffrages, et surtout a perdu le contrôle de villes symboliques comme Johannesburg et Pretoria.
Cyril Ramaphosa va trouver sur sa table la pléthore de scandales économico-financiers qui ont jalonné la présidence de Jacob Zuma à la tête d’un pays en proie aux difficultés économiques.
C’est l’autre urgence du nouveau patron du parti au pouvoir. Convaincre les investisseurs que son arrivée à la tête du parti va mettre un terme aux « incertitudes politiques » qui pèsent sur l‘économie très fragile du pays.
Croissance désespérément molle, déficits publics en hausse, chômage de masse (+ de 27%) et devise fragile, la principale puissance industrielle du continent africain peine à surmonter les effets de la crise financière de 2008.
Ces derniers mois, les marchés se sont ouvertement inquiétés des grands discours du président Zuma et de « sa » candidate Nkosazana Dlamini Zuma sur la nécessaire « transformation radicale de l‘économie » au profit de la majorité noire.
Avocat de formation, le nouveau président de l’ANC est une vieille figure de la lutte anti-apartheid.

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