Les présidents africains et l’usure du pouvoir

By on February 26, 2016
Congo. Violences

Avec l’avènement de la démocratie en Afrique au tout début des années 1990, on a cru que l’alternance au pouvoir serait respectée et que les peuples aspireraient – enfin – à plus de liberté.
Pourtant, les chefs d’Etats africains ont trouvé des moyens de contournement pour s’éterniser au pouvoir.

Sur un continent qui n’a connu sa première élection présidentielle « démocratique » qu’à partir de 1991, il faut croire que les vieilles habitudes (du totalitarisme) ont la peau dure.
Dès les indépendances dans les années 1960, le chef de l’Etat est un leader « naturel » incontesté. Souvent arrivé au pouvoir par la force des armes et, la bénédiction des puissances occidentales comme la France. Et comme les pays d’Amérique du sud en cette même période, la dictature est en vigueur.
On est parti des « élections présidentielles truquées » avec urnes bourrées par le parti au pouvoir, le décompte des votes par l’appareil administratif aux ordres de l’Exécutif, de l’opposition interdite dans certains bureaux de vote, des opposants interdits de manifester- au Cameroun – aux modifications des constitutions par les Etats. Tout cela dans le but de demeurer au pouvoir et, donner l’impression aux Occidentaux d’être démocrates.
Aujourd’hui, il est devenu banal d’entendre dire qu’un président veut se représenter pour un troisième mandat. Puis un quatrième. Un cinquième… Le président burundais Pierre Nkurunziza a été élu malgré la forte contestation de son peuple pour un 3ième mandat. Son voisin rwandais Paul Kagamé a été plus subtil, il s’est fait « plébisciter » par son peuple également pour un 3ième mandat. L’année dernière, ce fut le cas du président Compaoré du Burkina Faso de vouloir modifier la Constitution pour se représenter. Cela a provoqué sa chute.
A cela il faut ajouter leur âge considérable en inadéquation avec leur fonction. Ainsi au Cameroun, le président Paul Biya, 83 ans, compte 34 ans de règne sans partage. Le président du Zimbabwe, Robert Mugabé, 95 ans, n’est pas en reste. Au pouvoir depuis l’indépendance de ce petit pays d’Afrique australe en 1981, il mourra certainement au pouvoir. Le président tchadien, lui, cumule 26 ans de pouvoir. Son homologue du Congo, Monsieur Sassou Nguesso, président de 1979 à 1992 puis de retour au pouvoir en 1997 jusqu’aujourd’hui. Pour un cumul de 33 ans à la tête de l’Etat. Omar Bongo, décédé en 2009, était au pouvoir depuis 1969. Kadhafi, décédé en 2011, était au pouvoir depuis 1967.
Dans les années 1990, l’ancien président français Jacques Chirac, avait dit que la démocratie était « un luxe » pour les africains. L’histoire lui donne peut-être raison au regard des tripatouillages électoraux et le mode de gouvernance des Etats par leurs présidents qui, à force, deviennent de véritables monarques et préparent leur progéniture à la relève.

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2 Comments

  1. Pingback: Africa | I presidenti africani… eterni

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    July 31, 2016 at 2:19 am

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